Plus d'industrie, pour une France souveraine

14 juillet 2018

Tribune de Sabrina Arnal, vice-présidente de l’UJP et présidente des Républicains-Sorbonne, parue le 14 juillet dans Les Echos et appelant à un sursaut industriel français. 

En 1970, l’industrie française représentait plus de 22 % du PIB. Aujourd’hui, le secteur industriel rase les 10 % du PIB et n’emploie plus que 13 % de la population. Au fur et à mesure des années, les gouvernements successifs ont jugé bon de soustraire la France à la compétition industrielle mondiale, en la privant d’abord de sa souveraineté stratégique et de défense et en balayant des milliers d’emplois nécessaires au redressement du pays.

Quand on sait que 80 % de la production d’électricité est d’origine nucléaire en France, que fait-on lorsqu’on cède son fleuron industriel aux Américains, si ce n’est subordonner le pays aux aléas géopolitiques et diplomatiques internationaux ? Que fait-on, si ce n’est plonger la France dans une situation de dépendance jamais égalée ? La vente d’Alstom a General Electric a scellé le destin de la filière nucléaire française, pilier pourtant de son secteur industriel.

Absence de politique claire

Aujourd’hui, des secteurs stratégiques de notre économie dépendent en grande partie de fournisseurs étrangers, qui profitent de la conjoncture mondiale d’armement massif des pays pour peser de plus en plus lourd et accumuler des capitaux de plus en plus importants. Ces pays ont semble-t-il compris que la souveraineté d’une nation, que son indépendance et sa force de négociation dépend avant tout de sa capacité à assumer sa propre autonomie.

En France, la défense est contrainte d’exporter massivement ses technologies, parce que la commande publique a drastiquement baissé et que la dotation du budget ne lui permet pas d’assurer sa pérennité concurrentielle. Aucune politique industrielle claire, identifiant les secteurs stratégiques où il faut investir, n’a été établie.

Miser sur la défense

Il ne fait nul doute que miser sur le «tout numérique» ne sauvera pas la France : il faut au contraire compter sur notre armée pour remonter la pente et pas seulement en termes de sécurité et de défense. En effet, la capacité opérationnelle du pays repose avant tout sur l’industrie et la technologie. Par ailleurs, c’est dans le secteur de la défense que sont développées les grandes technologies qui pourraient assurer à la France une place de choix dans la compétition mondiale.

L’innovation militaire, qui met au point les drones et travaille sur l’intelligence artificielle doit devenir l’un des piliers de la recherche militaire, en misant notamment sur la collaboration avec les PME françaises, créatrices d’emplois sur le territoire. La défense doit en effet à la fois pouvoir se doter de grands programmes d’armements, et également se constituer en une véritable bulle technologique d’innovations.

La France doit redevenir un État stratège, qui protège ses industries, ses savoirs et sa population, si elle veut enfin recouvrer son autonomie et, de fait, sa souveraineté nationale.

Sabrina Arnal, vice-présidente de l’UJP et présidente des Républicains-Sorbonne

2018-07-16T11:57:02+00:00