Marianne, au secours !

7 décembre 2018

Tribune de Quentin Hoster pour Tribune Gaullienne sur les « Gilets jaunes ».

« Pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ! » Difficile pourtant de tressaillir d’indulgence face à l’ignorance dévastatrice des pyromanes qui s’affairent en ce moment à enflammer le pays.

Assemblée citoyenne, destitution, hausse inconsidérée des salaires jusqu’à prise de l’Elysée… Les revendications délirantes se multiplient et semblent s’enraciner. Réveillés par l’arrogance d’un pouvoir léthargique, les penseurs magiques viennent de loin, biberonnés par une « Des-éducation Nationale » qui a pour programme l’inculture économique et historique. Pas étonnant de voir alors Jean-Luc Mélenchon exulter quand les auto-proclamés représentants de la « France périphérique » s’emparent de ses idées.

Dans ce pays de radicalisés, les gilets jaunes n’échappent pas à la règle.

Bien rétives sont leur têtes « pensantes » à se désolidariser des effroyables assauts commis dernièrement à Paris. Alors qu’elles se réjouissent d’avance des prochains. Invitées sur tous les plateaux à déverser leurs ignominies, bien peu sont confrontées à leurs contradictions, quand on ne leur donne pas carrément la réplique.

Pire qu’un déshonneur, une honte pour le journalisme.

Trop soucieux de donner la parole à tout le monde, y compris aux enragés de Twitter – sauf à ceux qui pensent contre soi – on laisse passer n’importe quoi. Au mépris bien sûr de la première des directives du métier : le recul, la critique, pour exempter la démocratie de ceux qui la menacent. Le danger paraît pourtant clair et prévisible: accentuation de la fracture sociale, meurtre de la Ve République, guerre civile. Même s’il ne franchira sans doute pas ces ultimes étapes, on voit mal le pays retrouver de si peu sa confiance perdue, en lui-même comme en ses dirigeants.

Encouragés par la victimisation et l’apitoiement d’une société déresponsabilisée, tous les malades, réels ou imaginaires du pays, sont alors poussés dans la rue.

Voyez ces jeunes, à peine parvenu à l’âge de la propreté, qui s’excitent déjà sur les barricades.

Normal, dira-t-on, à un âge turbulent. Pas encore n’ont-ils fini de mémoriser leurs tables de multiplication qu’ils s’avancent déjà avec des idées politiques affirmées. Autant d’inconscience ne mériterait pourtant pas qu’on y prête attention, si elle ne mettait pas là aussi le pays en danger. Là encore s’exprime l’irresponsabilité des médias. Ceux qui donnent toujours la parole aux preneurs d’otage plutôt qu’aux victimes, en hochant complaisamment de la tête. En l’occurrence, à l’Unef, syndicat extrémiste qui prétend parler au nom de tous les lycéens de France, sûrement pas acquis au combat d’une minorité qui sous ses airs bienveillants s’acharne à détruire leur scolarité. Puisque précocité n’est pas toujours synonyme de légitimité, partageons cette mise au point de Jean-Paul Brighelli :

« Cessez de leur dire que leur parole est sacrée. Leur parole, au départ, c’est de la merde ».

Un appel aisément applicable aux porte-voix des illuminés de ce mouvement. Qui se mettent eux-mêmes dans une impasse, et avec eux, le pays. La démocratie directe qu’ils appellent a ici fait ses preuves. Aucune revendication claire, concertée, à porter devant le pouvoir. C’est pourtant bien pour échapper à cette anarchie qui rend un pays ingouvernable que la démocratie représentative, et ses institutions, ont été créées. Sur laquelle tout le monde vomi désormais, faute de d’efficacité. « Le climat dérape : cassez le thermomètre, ça ira mieux ! »

Blâmez vos dirigeants, pauvres fous, pas votre régime, qui ne souffre que de leur incompétence !

Quentin Hoster

2018-12-07T21:53:32+00:00