La sécurité : un concept en danger ?

16 septembre 2018

Tribune de François Manné-Criqui, vice-président des Républicains-Assas, pour Tribune Gaullienne.

Le terme de sécurité, dont la racine provient du latin securitas, atis est polysémique. Si je me fie à mon Larousse, le terme englobe aussi bien la sécurité alimentaire, nationale, civile, routière, sociale. Néanmoins, le sens premier me paraît le plus équivoque : « situation dans laquelle aucun danger, aucun risque n’est à redouter ». Or le danger se redoute de plus en plus, partout.

Les causes sont multiples.

Tout d’abord, il faut souligner que l’état actuel du monde ne peut plus garantir un certain équilibre — si terrifiant fut-il. L’internet, les réseaux sociaux permettent de connecter les foules instantanément, ce qui génère des mouvements imprévisibles. Il n’y a plus deux camps mais des camps. Les sujets sont devenus si nombreux, si complexes que deux personnes se combattant peuvent tomber d’accord contre une une tierce personne. Cela engendre des phénomènes incontrôlables.

D’autre part, considérons le sentiment de peur. Il amène à l’irrationalité, l’imprévisibilité. Il conduit les gens à se renfermer, à haïr l’autre. La peur entraîne des mesures extrêmes bien que souvent inefficaces.

Peur et imprévisibilité sont les ingrédients d’un cocktail explosif.

Les conséquences sont graves.

Un des points majeurs sur lequel repose le système mondial est la confiance. Or, sans sécurité, la confiance est impossible. En politique, des idées nauséabondes s’imposent à l’opinion et des populistes accèdent au pouvoir. De nouveaux chefs d’État ou de gouvernement proposent des solutions faciles, sans vision de long terme. En économie, les acteurs ont besoin de certitudes et de perspectives. Mais, actuellement, l’environnement est trouble : les investisseurs sont soumis aux décisions politiques qui, elle-mêmes, n’offrent aucune assurance. En terme de sécurité nationale, le pire est redouté à chaque instant. Les attentats à répétition en sont la preuve. La propagande se déplace si rapidement qu’il est impossible d’anticiper une radicalisation ou un passage à l’acte. Nous ne sommes plus en mesure de prévenir.

Si le système mondial s’effondrait, nous risquerions la fin de civilisation.

Des remèdes existent pourtant.

Plutôt que de mettre en oeuvre des politiques de court terme, imposons des changements longs, durables. Il s’agit là simplement de courage politique. Je ne prétendrai pas avoir des solutions à tous ces problèmes, mais certaines mesures semblent évidentes.

En matière de sécurité nationale, il faudrait anticiper les attentats en contrôlant d’abord nos flux migratoires afin de se concentrer sur la menace déjà présente sur notre sol. Il importerait ensuite d’aider financièrement et humainement les pays en crise. Ainsi, la haine envers l’Occident s’atténuerait.

Les défis économiques et sociaux sont tout aussi importants. Je pense qu’il faudrait annoncer quelques objectifs de très long terme qui définiront notre société de demain. Quelle doit être la place de l’État ? Du marché ? De l’Homme ? Voulons-nous une société libertaire ou normée ?

Voici brièvement quelques pistes qu’il serait intéressant d’explorer. Si chacun se sent heureux, fier de son pays et de son histoire, de son travail, le monde s’en porterait mieux. C’est en rassemblant qu’on assure la sécurité, pas en divisant. 

François Manné-Criqui, étudiant en droit à Paris II-Panthéon Assas et vice-président des Républicains-Assas

2018-09-16T20:39:07+00:00